Pourquoi consommer local ?
Le témoignage de Catherine
Catherine vit à Godinne, dans une maison entourée d’un beau jardin planté d’arbres et arbustes fruitiers, d’un potager, d’une mare et d’une petite serre. Dans le cadre de la campagne du « Mois sans supermarché », notre équipe est allée à la rencontre de cette femme engagée de longue date en faveur du circuit court. Accueillis chaleureusement, entourée de ses petits-enfants, elle nous offre ses galettes faites maison. Nous découvrons une personne aussi dynamique qu’inspirante.

Enseignante infirmière aujourd’hui retraitée, Catherine n’a rien perdu de son énergie. Depuis son enfance, au contact de sa grand-mère, elle a été imprégnée d’une autre manière de consommer. Elle a toujours fait ses courses dans les petits commerces de proximité — épicerie, boucherie, boulangerie — et sur les marchés locaux. Certains produits, comme le beurre, les œufs ou le lait, étaient même livrés directement depuis une ferme voisine. Elle a ainsi grandi avec le respect des produits de saison : pas de fraises en hiver. Avec le temps, Catherine a pris conscience des impacts environnementaux et sociaux liés à l’importation de certains aliments, comme les scampis ou le saumon fumé. Ses habitudes ont évolué en conséquence. Elle reconnaît toutefois qu’il reste difficile de se passer totalement de certains produits venus de loin, comme le café ou les agrumes. Dans ces cas-là, elle privilégie des produits issus du commerce équitable ou de filières respectueuses de la biodiversité et de l’environnement, notamment via des coopératives de petits producteurs, en Italie ou en Espagne, qui partagent ses valeurs.
Même lorsqu’elle travaillait à temps plein et élevait ses cinq enfants, elle privilégiait une cuisine faite maison, à base de produits frais, sains et bruts : pas de plats préparés. Cela ne l’empêche pas, à l’occasion, de céder à la simplicité d’une pizza de la pizzeria locale ou d’un cornet de frites de la friterie du coin.
On entend souvent dire que les produits issus des circuits courts sont plus chers que ceux des supermarchés. Pour Catherine, cette idée mérite d’être nuancée. Elle invite à comparer les prix au kilo des aliments transformés ou des plats préparés et suremballés avec ceux des produits locaux. Elle souligne également l’influence de la publicité et des promotions en grande surface, qui encouragent des achats impulsifs, parfois inutiles, voire nuisibles pour la santé. À ses yeux, la différence de qualité — tant nutritionnelle que gustative — entre production industrielle et artisanale est indéniable. Manger sain, local et de saison peut coûter légèrement plus cher à première vue, mais permet d’éviter bien des gaspillages et des frais de santé. L’argument du prix bas, selon elle, ne tient donc pas vraiment.
Catherine est aussi engagée depuis ses débuts dans l’animation du Point de R’Aliment de Paysans-Artisans à Godinne. Elle y voit une véritable opportunité au quotidien : commander en ligne lui donne accès à une large gamme de produits, lui fait gagner du temps et limite les achats superflus. La qualité, le goût et les quantités sont au rendez-vous, et en cas d’insatisfaction — rare, précise-t-elle — le remboursement est assuré sans difficulté.
Quant à la présence de produits locaux dans les grandes surfaces, Catherine n’y est pas totalement opposée, à condition que les prix restent justes, respectant le travail des producteurs tout en assurant une marge équitable pour la distribution.
Alors, comment encourager davantage de personnes à se tourner vers le circuit court ? La question reste complexe. Chacun avance avec ses habitudes, ses freins et ses motivations. Prendre conscience de la nécessité de changer est une première étape ; passer à l’action en est une autre. Les formes d’engagement peuvent être multiples, et ce choix doit rester libre.
Nous espérons que le témoignage de Catherine sèmera, chez chacun et chacune, une petite graine de réflexion. Et pour aller plus loin, n’hésitez pas à découvrir notre nouveau site web et sa cartographie des commerces, établissements HoReCa, ainsi que des artisans et producteurs local.

